Roland vous présente le métier d'architecte d'intérieur


Bonjour Roland, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Roland Brulé, j’ai 60 ans et j’exerce la profession d’architecte d’intérieur depuis environ 35 ans. J’ai fait l’école CAMANDO et ai commencé à exercer à Paris. J’ai ensuite travaillé pour l’Arabie Saoudite et des marchés prestigieux, et je suis à mon compte en Suisse depuis le début des années nonante.

J’habite aujourd’hui au cœur du vieux village de Bussigny où il y avait des fermes que l’on a pu restaurer les unes après les autres.

Pourquoi avoir choisi le métier d’architecte d’intérieur ? Qu’est-ce qui te passionne ?

J’ai fait ce métier parce que je suis à la fois quelqu’un de créatif et technique, qui aime les technologies de pointe. L’architecture d’intérieur me permet d’associer ces deux aspects en trouvant pour mes clients des solutions qui sont au fait de la technologie tout en ayant des idées originales auxquelles ils ne pensent même pas. La diversité des tâches est un aspect stimulant du métier d’architecte d’intérieur.

Qu’est-ce qui est essentiel lorsque l’on exerce ta profession ?

Ce qui est passionnant dans ce métier de « chef d’orchestre », c’est que l’on apporte aux clients à la fois des solutions ergonomiques à leurs problèmes mais aussi des solutions esthétiques et techniques. Donc cela appelle à une certaine créativité et à une bonne connaissance technique. Finalement, le plus important est d’écouter le client et d’aller dans le sens de ce qu’il recherche. Il y a donc une importante composante psychologique et émotionnelle.

Quel type d’habitations as-tu rénové ?

Ici nous nous trouvons dans un quartier constitué de fermes. Avec des associés, nous avons racheté une ancienne ferme que nous avons complètement restaurée et dans laquelle nous avons créé 6 appartements en propriétés par étage (PPE).

Ensuite, nous avons racheté les autres fermes attenantes pour y réaliser d’autres projets de rénovation. Petite anecdote : nous avons une ruelle à proximité qui se nomme la ruelle des Jardins. Elle nous a inspiré et du coup nous avons bâti des parcelles de jardin pour tous les habitants des appartements.

Ces appartements ont été entièrement refaits. Les gabarits ont été conservés mais en réalité la construction est entièrement neuve et les exigences actuelles en termes d’isolation phonique et thermique ont été prises en compte. En même temps, nous avons réussi à garder le cachet dea anciennes fermes en récupérant les tuiles et en reprenant les bois de charpentes dans les vielles granges.

Concernant cette ferme, qui est la deuxième qui a été rénovée. Nous avons constitué une PPE de 6 appartements dont celui-ci qui fait 240m2 et le plus petit fait un peu moins de 140m2.

Durée des travaux ?

Des travaux d’une telle ampleur prennent du temps. D’abord, il y a une étude préalable à faire puis un dépôt de permis de construire qui est assez complexe, avec une négociation auprès de la commune pour trouver le compromis idéal. Il est évident que nous voulons une marge de manœuvre maximum et que la commune veut garder l’aspect original du bâtiment. Une fois ce compromis arrêté, il faut compter une bonne année de travaux pour démolir l’existant et reconstruire à l’ « identique ».

Quelle a été l’idée de ce projet de rénovation ? Ambiance/style que vous avez essayé d’imprégner ?

Nous sommes partis d’une vielle ferme avec une petite partie habitable et un vaste grange. La difficulté a été de faire un usage optimal du vaste volume que renfermait la grange.

En ce qui concerne cet appartement qui est le mien, le cas est particulier dans le sens où le style est le mien et non celui d’un client. Quand j’ai affaire à des clients, je m’adapte à leur style, à leur envie, à leur besoin. J’essaie d’aller dans leur sens et mon rôle est de mettre en place un fil rouge.

Dans le cas présent, j’ai essayé de donner un style assez neutre à ce bien notamment au niveau du choix des matériaux. Je trouve que lorsque un espace est complexe, il faut jouer sur les volumes et les éclairages, moins sur les matériaux.

J’ai donc joué sur des matériaux blancs pour préserver la luminosité d’un côté et la neutralité de l’autre. L’intérêt de cette neutralité est que l’atmosphère des pièces est modulable à souhait en ce sens qu’elle dépend des couleurs apportées par les accessoires.

Il est donc possible de choisir des accessoires rouges (serviettes, tapis de bains, etc.) et le jour où une envie de changement se fait ressentir on passe à une autre couleur. On peut également faire des mélanges de couleurs, les possibilités de personnalisation sont infinies. A contrario, si l’on choisit un carrelage avec du caractère qu’on adore au début mais qu’on ne supporte plus après 3 ans, il est plus compliqué de changer la dynamique de la pièce.

L’idée de cet appartement est d’avoir une zone de vie assez importante dans laquelle se trouve une cuisine ouverte et une ouverture sur un semi-extérieur (balcon couvert) qui permet de faire la transition entre l’intérieur et extérieur. Sachant qu’à l’arrière il y a encore une zone jardin. Il y a ensuite quatre chambres, dont deux au rez avec une salle de bains pour mes enfants et deux autres au 1er étage avec une buanderie. Tout en haut, au 2ème étage, il y a un attique qui sert de salle de loisirs. Au rez, il y a une cuisine ouverte et je peux constater qu’inéluctablement les gens se retrouvent souvent autour du bar de la cuisine pour discuter.

J’ai une préférence pour les bars surélevés qui permettent de cacher un certain « foutoir » alors que la mode est plutôt aux ilots centraux. A noter que l’escalier sert non seulement à accéder à l’étage mais joue également un rôle dans l’éclairage avec un système de bandes LED intégrés dans une rainure de la marche.

Finalement, les salles de bains sont des pièces dans lesquelles l’éclairage revêt une grande importance, non seulement pour la qualité et la beauté de l’espace, mais également pour les différents moments que l’on y passe. Il y a des moments où l’on est obligé d’être face à soi de façon crue et cruelle, et d’autres où l’on n’a pas envie de se sentir sous le feu des projecteurs.

Tu aimes beaucoup jouer avec l’éclairage, non ?

Oui c’est vrai. L’éclairage c’est un peu mon pêché mignon. Je pense qu’il faut donner à l’éclairage un rôle architectural prépondérant parce qu’en jouant avec on peut complétement modifier la perception des espaces et les ambiances qui y règnent. D’autant plus, que de nos jours, nous avons accès à des technologies LED qui permettent beaucoup plus de créations qu’auparavant. Par contre, cela demande de bonnes connaissances techniques et de la réflexion.

Architecte d’intérieur et décoration d’intérieur, fonction similaire ?

Le métier d’architecte d’intérieur est relativement méconnu en Suisse car il y a une confusion importante entre la décoration et l’architecture d’intérieur qui sont deux métiers différents. La différence fondamentale est que la décoration d’intérieur consiste à faire des choix de matériaux et d’objets qui sont censés cohabiter alors que l’architecte d’intérieur est à prendre le plus en amont possible dans un projet.

L’idéal étant même qu’il s’associe à l’architecte et l’ingénieur pour qu’il puisse prendre par au projet dès sa génèse. Comme son nom l’indique, l’architecte d’intérieur est un technicien qui doit anticiper un certain nombre de besoins et de contraintes comme le câblage, les faux plafonds, les corniches, les fenêtres, l’encastrement des meubles, etc.

A ton avis, pourquoi devrait-on faire appel à un architecte d’intérieur pour sa maison ?

On peut faire appel à un architecte d’intérieurs dans divers contextes. Soit dans le cadre d’un mandat sur mesure sans contrainte financière, ou alors pour un mandat avec budget limité.

L’objectif lorsqu’on fait appel à un architecte d’intérieur est d’obtenir une certaine cohérence, non seulement pour le choix de la distribution des espaces (salles de bain, chambres, salle séjour) mais aussi des matériaux.

L’architecte d’intérieur devrait éviter à son client de s’éparpiller. Généralement les clients aiment beaucoup de choses qui ne vont pas forcément ensemble. Le rôle de l’architecte d’intérieur est donc d’effectuer un arbitrage.

Que penses-tu du marché de l’architecture d’intérieur en Suisse ? Selon toi, est-ce qu’en comparaison internationale le public est suffisamment sensibilisé ?

Non justement à cause de la confusion entre le décorateur d’intérieur et l’architecte d’intérieur. Les gens ont tendance à attendre que l’architecte ait terminé son travail pour faire appel à un architecte d’intérieur, alors que ce rôle est plutôt celui du décorateur d’intérieur. En Suisse, ces professions sont mal différenciées, contrairement à l’Allemagne où la notion de « Innen Architekt » est plutôt bien comprise. En France, l’architecture d’intérieur a une tradition depuis Versailles et même avant.

Typiquement, Versailles a été réalisée par un architecte, un architecte d’intérieur et un paysagiste pour les jardins. Ce sont trois rôles complémentaires qui doivent cohabiter pour mener à bien un projet complet.

En Suisse, j’ai souvent des clients qui viennent me voir trop tard, ce qui limite énormément les possibilités d’intervention. Ou alors il faut casser une partie du projet abouti.

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